Communiqué du 23 juillet 2018

 

L'entourage proche du président de la République qui s'accapare les attributs des représentants des forces de l'ordre pour aller tabasser des citoyens opposants politiques en pleine rue, au milieu des forces de police, ce n'est pas une péripétie de plus dans le monde politique. C'est plus qu'un fait divers. Ce sont des faits d’une extrême gravité.

Dans notre République, seuls les représentants des forces de l'ordre ont le monopole de la violence légitime. Que certains proches du Président se croient sinon autorisés à de telles exactions du moins s'imaginent que cela sera toléré -par les policiers présents, par leur hiérarchie, par l'entourage politique du Président- est un signe extrêmement inquiétant de l'ambiance dans notre pays et au sommet de l’État. 

Ce qui caractérise un État c'est le monopole de la violence. Ce qui caractérise un État Républicain et de droit c'est que ce monopole soit celui des forces de l'ordre régulièrement désignées et qu'il ne concerne que la violence "légitime". Aucune de ces deux conditions n'étaient réunies ici. La réaction doit donc être forte et c'est la République qui doit se lever. Car là où les barbouzes sont de retour, la République disparaît.
 
Et là où l'on pourrait voir une dérive individuelle, des détails nouveaux sont chaque jour révélés qui laissent entrevoir l'ampleur de la dérive qui est bien collective :

  • Il ne s'agit pas d'un mais a priori d'au moins deux collaborateurs commettant ces violences extrêmes
  • Ces violences ont été commises sous l'œil, en présence et on pourrait même dire en collusion ou sous la protection de véritables représentants des forces de l'ordre
  • L’individu principalement concerné disposait semble-t-il régulièrement de matériels et équipements en principe réservés aux forces de l’ordre régulièrement constituées
  • Le premier cercle politique du Président (voire le Président lui-même ?) a considéré que l'affaire méritait pour seule réaction une sanction interne prenant la forme d'une mise à pied de 15 jours (le licenciement n’a été engagé que lorsque l’affaire a été révélée et vise en réalité des faits connexes)
  • Ce même entourage politique présidentiel et le Ministre de l'intérieur ayant connaissance des faits ont "omis" de prévenir le parquet au mépris de l'article 40 du Code de procédure pénale, couvrant donc ces agissements.
  • Des hauts gradés dont 2 commissaires ont, au mépris de toutes les lois et procédures, copié puis transmis (ou se sont sentis tenus de transmettre) des images de vidéos à l'auteur des faits.  
     

Le Parti Socialiste du Loiret condamne donc avec la plus grande fermeté non seulement les exactions des individus concernés, mais dénonce également  solennellement la dérive collective et politique, qui a entouré au plus haut sommet de l’Etat  ces agissements, qui mettant à mal les principes fondamentaux de notre République. L’affaire Benalla n’est pas un fait divers c’est une affaire d’Etat.

Nous exigeons que la pleine lumière soit faite sur l’ensemble des circonstances de cette affaire et que les responsables, tous les responsables, répondent de leurs manquements.

Carole Canette
Première secrétaire fédérale